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socialisme, origines du communisme français, biographies


RADI Adolphe.

Publié par archivescommunistes sur 21 Juillet 2011, 22:23pm

Catégories : #éléments biographiques

RADI Adolphe.

Né le 22 mai 1870 à Montémaggiore (Italie), décédé le 13 mars 1954 à Palaiseau. Ebéniste. Arrêté pour la première fois à l’âge de 22 ans dans la ville italienne de Spézia, il reste dix jours en prison. Il retourne en prison en 1893, déporté dans une île de l’Adriatique pour trois ans. Il quitte ensuite l’Italie pour la France, puis la Suisse et à nouveau la France. En 1899, il s’installe à Annecy, où il se marie le 1er avril 1901, puis il se rend à Lyon. Il part en juillet  1902 à Paris. Après y avoir trouvé un travail en tant qu’ébéniste, il s’inscrit au syndicat de sa corporation. Il est nommé en janvier 1903 au conseil syndical et s’intéresse également au mouvement coopératif. En 1907, il participe activement à la création de la coopérative « La famille du XIème », en devient un des membres du conseil d’administration qui organisera une clinique en faveur des accidentés du travail.

 

En 1912, Adolphe Radi ouvre une boutique de crémerie, faute de trouver à s’employer dans l’ébénisterie. Il adhère à la même époque à la 3ème section de la SFIO.

 

Il assiste en tant que représentant de sa section aux comptes-rendus des réunions organisées par Merrheim et Bourderon qui revenaient de la conférence de Zimmerwald (1915). « Ces réunions étaient suivies par beaucoup de camarades » précise-t-il dans son autobiographie. Il est naturellement marqué par la conférence de Kienthal (1916). Il est membre du Comité pour la Reprise des Relations Internationales (CRRI). Le remplacement de l’aile droite de la SFIO par l’aile centriste en 1918 est attribué, selon ses mémoires, à la conjonction du courant centriste et de la section socialiste du CRRI. « C’est à la suite de ça [le changement de majorité dans la SFIO en 1918] que notre comité [CRRI] fut transformé en Comité de la 3ème Internationale et l’on redoubla la propagande dans toutes les fédérations de province, ici je dois reconnaître que ce fut grâce à l’activité de Louise Simauneau (sic) comme secrétaire du comité … ». En réalité, il s’agit de Louise Saumoneau qui ne restera que quelques mois secrétaire du Comité.

 

Adolphe Radi abandonne sa boutique de crémerie au profit du café de la maison commune, 49 rue de Bretagne. Il est très occupé dans une période d’agitation d’après guerre car tous les soirs des réunions y sont organisées. Italiens, Roumains , Grecs, Hongrois s’y côtoient dans les salles. « c’était aussi le moment où nous oeuvrions pour l’organisation d’une CGT, une CGT unitaire et aussi des sections du Comité de la 3ème Internationale se formaient et ne savaient pas où se réunir… » Il est alors gérant de la Maison commune et trésorier de sa section socialiste. Après le congrès SFIO de Strasbourg (février 1920), il appuie la propagande bolchevique avec les brochures qui arrivent de Russie, qu’il propose à la vente dans la maison commune, et en diffusant la presse du Comité de la 3ème Internationale. « dans une vitrine de la maison commune j’installe sur une table à l’intérieur la vente de ces brochures avec le bulletin communiste publié par le Comité de la 3ème Internationale. C’est-à-dire une bibliothèque Bolchevique et la vente marche assez bien. »

 

Il considère que son action pour la création d’un PC a duré 3 ans lorsque survient le congrès de Tours. Il situe donc le début du processus au moment où la Révolution d’Octobre est engagée. Désigné comme délégué au congrès de Tours, il doit céder sa place à Yvonne Sadoul pour se rendre au congrès du parti communiste italien à Livourne.

 

Après le congrès de Tours, la police lui retire son permis de séjour et le somme de quitter la France. Il rejoint l’Italie, passe une nuit chez Grasmci et se rend par la suite à Gènes où il devient secrétaire du comité de section du PCI. Il traverse illégalement la frontière pour Paris et s’installe dans une chambre éloignée du domicile familial pour ne pas se faire repérer par la police. En 1925, il acquiert une maison en bois à Palaiseau où il habite avec sa femme. En 1928, il est nommé trésorier du rayon de Palaiseau, poste qu’il conservera jusqu’à la seconde guerre mondiale. Il est arrêté en octobre 1939, expédié au camp de Vernet (Ariège) et en mai 1941 mis en résidence surveillée en Haute-Savoie dans le chalet d’un de ses fils. Il retourne en 1945 à Palaiseau. Il meurt toujours membre du parti communiste en 1954.

 

Sources : autobiographie « Mes souvenirs », par Adolphe Radi en 1951, et aimablement communiqué par son petit-fils Pierre Radi (fils de Voltaire Radi) ; notice du Maitron.

 

François FERRETTE

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