Un espace historique sur le mouvement ouvrier

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socialisme, origines du communisme français, biographies


RIBAUT Jean.

Publié par archivescommunistes sur 10 Juillet 2011, 08:16am

Catégories : #éléments biographiques

arac-copie-1.jpg Né le 29 octobre 1882 à Toulouse (Haute-Garonne). Avant guerre, il était employé de commerce après avoir été révoqué dans les Postes. Venant de Montpellier, où il professait des idées anarchistes, il rejoint Paris en 1913 où il se présentait comme détaxeur. Il adhère à la SFIO avant guerre et devient secrétaire adjoint en 1914 de la section du 3ème arrondissement. Il part à la guerre en août 1914 et fait caporal affecté au 2è régiment du Génie pendant toutes les hostilités. Lors d’une permission de  six jours, le 19 avril 1916, il intervient dans une réunion de sa section pour y décrire la situation à Verdun. Il explique que « de part et d’autre, des monceaux de cadavres étaient restés sur les pentes de Douaumont, Vacherauville, le bois des Corbeaux. Il faut avoir vu cela pour avoir l’intention ferme de faire la paix ». Il y critiqua aussi sévèrement la présence de ministres socialistes au gouvernement et félicita la section pour son engagement dans la reprise des relations internationales. Dans la même réunion, il affirme avoir cédé à l’union sacrée pour défendre « la liberté ». A la démobilisation, il s’engage dans les rangs de l’ARAC dont il devient le secrétaire fédéral le 21 juillet 1919. Selon la police il tenta de constituer un comité d’ouvriers et de soldats en 1917. Le 03 août 1919, il expliqua quels principes devaient porter les candidats socialistes : « je ne voterai, aux prochaines élections, que pour les candidats qui définiront dans leur programme les mesures propres à l’instauration d’une République internationale ouvrière en passant par le régime transitoire de la république des Soviets ». Il est accusé par un rapport de police d’avoir voulu constituer en juin 1917 un comité d’ouvriers et de soldats Le 06 juillet 1919, il propose au conseil fédéral de l’ARAC de constituer une garde rouge qui fut finalement mise en place le 27 octobre 1919 et prendra le nom de légion populaire. Prémisse d’une armée rouge ? En fait, il s’agissait d’assurer la sécurité autour des meetings et réunions d’orateurs socialistes mais aussi de saboter celles des adversaires.

 

Il est candidat aux législatives de novembre 1919 dans le quartier des Arts et métiers et obtint 986 voix. C’est en 1920, qu’il s’affirme comme un des principaux orateurs du Comité de la IIIè Internationale. Il sillonne la France et la région parisienne au cours de l’année pour l’adhésion à la nouvelle Internationale et participe à la création de groupes locaux du Comité. Il note ainsi dans une circulaire interne de juillet 1920 que « longtemps, notre action s’est éparpillée dans le pays, sans ordre et sans méthode, et cette façon de procéder a été une des causes primordiales de notre faiblesse ». La tendance communiste est encore à cette date en voie de constitution. Il intervient aussi en tant que secrétaire général de l’ARAC, notamment le 27 juin à Marseille devant 2000 personnes. Il emploie un ton très anti-parlementaire : « tous des fumistes… on leur foutrait 100 sous qu’ils seraient encore trop payés pour ce qu’ils font ». Il critique la direction de la CGT, dont les dirigeants doivent partir « s’ils sont des incapables », et appelle à faire de la propagande révolutionnaire. Le 10 juillet 1920, le Comité organise un meeting à Puteaux qui réunit entre 250 et 400 personnes. Ribaut appelle à l’insurrection du peuple pour un mouvement syndicaliste victorieux, en opposition à l’échec de la grève de mai. Le 9 décembre 1920, il est à Cette (actuelle Sète) et parle devant 200 personnes Il note l’ostracisme dont la campagne est l’objet dans l’Hérault où de multiples obstacles ont empêché une tenue correcte des réunions et meetings à Lunel, Montpellier et Béziers.

 

Il est injustement accusé de détournements de fonds lors d’une réunion de la section socialiste-communiste du 19 janvier 1921 de la 3è section de la fédération de la Seine. Ce soupçon qui lui pèserait l’aurait incité (ou poussé) à la démission du Comité de la IIIè Internationale. A la réunion de la 3è section, Boyet et Reynaud ont défendu Ribaut et une motion de confiance y a été votée. S’il démissionna ce fut en réalité pour des raisons de santé.

 

Il participe à l’élaboration de nouveaux statuts de la fédération de la Seine avec Jules Humbert-Droz, Suzanne Girault, pour la « gauche » et Edmond Soutif et Georges Marrane pour le « centre ».

 

Sources : Centre des Archives Contemproaines, cote 20010216, article 7 ; CAC cote 19940472 article 12.

 

François FERRETTE

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