Un espace historique sur le mouvement ouvrier

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socialisme, origines du communisme français, biographies


RADI Voltaire, Lucien, Claudius

Publié par archivescommunistes sur 25 Septembre 2012, 18:20pm

Catégories : #éléments biographiques

nP1170497.JPGé le 11 janvier 1902 à Annecy. (écrit parfois Radis, dit René Volidar)

Membre du Comité exécutif du Comité pour l’autonomie et l’adhésion à la IIIè Internationale, fondateur de la jeunesse communiste ; gérant de l’Avant-garde ; directeur de publication de la Documentation permanente.

 

La famille Radi eut une implication importante dans la naissance du parti communiste et de la jeunesse communiste. Le Père, Adolphe, est membre du CRRI (Comité pour la Reprise des Relations Internationales), groupe pacifiste de gauche qui jettera les bases du premier communisme. Il participera à l’armistice au regroupement des révolutionnaires dans la SFIO et la CGT. Renan, le jeune frère d’un an de Voltaire, sera un actif militant des jeunes socialistes en 1919 en vue de les transformer en JC. Ensemble, ils concourront à la transformation des JS durant l’été 1920.

 

Après l’armistice, Voltaire Radi faisait partie des jeunesses socialistes du 3è arrondissement de Paris. Il participa dès le départ au comité pour l’autonomie et pour l’adhésion à l’Internationale communiste des jeunes créé en décembre 1919. En 1921, il est garçon livreur.

 

Voltaire tenait en 1920 une correspondance avec Jules Humbert-Droz, communiste suisse, et fréquentait les responsables du Comité de la IIIè Internationale, Loriot, Monatte, Souvarine.

 

Intéressé par des méthodes de communications modernes, Voltaire Radi demanda à Humbert-Droz des bobines de films de propagande cinématographiques. Il proposa à la même époque la mise en place de groupes de cyclistes afin de diffuser la presse antimilitariste.

 

En 1922, il habitait toujours chez sa mère, au 15, rue des Archives et était membre du comité Exécutif de la  4è Entente Régionale des jeunesses communistes et considéré comme un des principaux militants de cette organisation par la police.

 

Il faut inculpé  le 17 janvier 1924, avec Jacques Doriot, pour des articles parus dans l’Avant-garde, journal des jeunes communistes, contre l’occupation de la Ruhr par l’armée française et eut quatre mois de prison. Il eut la même peine la semaine suivante pour des articles antimilitaristes. En 1925, seconde inculpation pour des articles contre la guerre au Maroc. En tout, il eut vingt-quatre mois de prison et 2000 francs d’amende pour les articles incriminés. En 1925, Radi était toujours gérant de l’Avant-garde.

 

L’Humanité du 22 février 1926 annonçait que le bureau de la région parisienne de la 4è Entente de la JC avait décidé de ratifier l’exclusion de Voltaire Radi prononcée par la cellule 19 « pour indélicatesse ». Ses relations avec la JC ne sont pas connues par la suite.

 

En avril 1926, Radi fut poursuivi par la Justice avec Fernand Grenier et Raymond Chambareaud, inculpés de provocation de militaires à la désobéissance. Le jugement fut rendu le 26 avril et Voltaire Radi eut la peine la plus sévère avec 8 mois de prison et 1000 francs d’amende parce qu’il était le gérant de l’Avant-garde.

 

Dans les années 1930, Voltaire Radi était directeur de publication des éditions La Documentation permanente, société ayant son siège social, 5 avenue de la République à Paris, qui assurait un service de renseignements statistiques et documentaires. Mais la police  considérait que cela servait à l’édition de tracts communistes. Il semble donc que Voltaire poursuivit son activité militante dans le cadre du parti communiste.

 

En novembre 1939, il était accusé par la police d’espionnage économique au bénéfice de l’URSS, Voltaire Radi avait fait d’ailleurs plusieurs voyages ainsi qu’en Allemagne.

 

En mars 1940, la police surveillait Voltaire Radi qui éditait alors des tracts communistes clandestins avec Louis Aurenche et Henri Clément. On ne sait ce que devint sa société mais Voltaire Radi semble s’être recentré sur la maison d’édition du PC, les Editions Sociales Internationales. Son attitude durant la Seconde Guerre mondiale n’est pas connue ni sa position concernant le pacte Staline/Hitler.

 

Voltaire Radi mourut le 9 novembre 1954 à Paris. Sa bibliothèque a été déposée à l’ENS.

 

 

François FERRETTE

 

Source : Centre des Archives contemporaines, cote 1994 0472 article 10 dossier 807 et cote 20010216  article 256 dossier 10463 ; l’Humanité, 22 février 1926 ; Fonds Jules Humbert-Droz (Bibliothèque de la ville La-Chaux-de-Fonds) ; Jeunes comme JC, Jacques Varin, éditions sociales, 1975 ; Maurice Laporte : une jeunesse révolutionnaire : du communisme à l’anticommunisme (1916-1945), David Saint-Pierre, Presses de l'Université Laval, Québec, 2006. La bibliothèque de Voltaire Radi a été déposée à la bibliothèque de l’Ecole Normale Supérieure, rue d’Ulm.

 

photo : l'Humanité, 28 février 1925.

 

 

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