Un espace historique sur le mouvement ouvrier

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socialisme, origines du communisme français, biographies


Paris, 49, rue de Bretagne : la Maison commune, siège du Comité de la IIIè Internationale

Publié par archivescommunistes sur 10 Janvier 2012, 11:32am

Catégories : #le coin du Comité de la IIIè Internationale

(extrait de La véritable histoire du parti communiste français)

La direction nationale du Comité demande de mieux organiser les adhérents et de procéder à des adhésions massives. Un observateur note au mois de mai 1920 que « la constitution des groupes communistes marche très vite ». Adolphe Radi, un membre du Comité, assure la gérance de la Maison commune au 49, rue de Bretagne, dans le 3e arrondissement, siège de nombreuses organisations.

Radi est un militant de 50 ans, anarchiste immigré italien installé à Paris depuis une dizaine d’années, il a fortement lutté contre la guerre dans le cadre du CRRI et a adhéré à la SFIO avant guerre. Après avoir été commerçant en produits alimentaires, il reprend la gestion de la Maison commune. Depuis 1908, la Fédération SFIO de la Seine y est accueillie, le Comité d’entente des jeunesses socialistes s’y est installé pendant la Grande Guerre. Les militants révolutionnaires se sont trouvé là un siège. C’est une coopérative datant du début du siècle comprenant un café, un restaurant, une salle de spectacles, laquelle peut contenir environ 120 spectateurs, et des salles de réunion.
Lénine y a d’ailleurs tenu des conférences en 1909 et 1910 parmi toutes les réunions associatives, socialistes, syndicalistes, anarchistes qui pouvaient s’y dérouler. L’adresse de la Maison commune est connue à l’étranger et il n’est pas rare qu’elle serve de point de chute pour les militants immigrés. Avant guerre, l’enseigne de la vitrine précise que l’Union des coopératives socialistes en est le propriétaire.

C’est donc un lieu de passage et de brassage du mouvement ouvrier français et international qui reflète le bouillonnement politique et syndical de Paris. Après la première guerre mondiale, elle reçoit encore les ouvriers en quête d’un repas de qualité dans ce grand restaurant de plus de cinquante places qui occupe le rez-de-chaussée. Garçons et serveuses y sont appelés « camarades ». Dans ses mémoires, Adolphe Radi se souvient que « des sections du Comité de la IIIe Internationale se formaient et ne savaient pas où se réunir ». Ils auront désormais un refuge au 49, rue de Bretagne. Ce lieu ouvrier devient un foyer de propagande révolutionnaire et Radi y participe activement : « Après le congrès de Strasbourg, on a commencé à recevoir des brochures de Russie, on en place individuellement, mais moi, dans une vitrine de la Maison commune, j’installe une table à l’intérieur la vente de ces brochures avec le Bulletin communiste publié par le Comité de la IIIe Internationale. C’est-à-dire une bibliothèque bolchevique et la vente marche assez bien. »

Mais bientôt l’actualité sociale va perturber tous ces efforts. La CGT prépare une grève générale à partir du 1er  mai 1920.

 

maison commune 49 rue de Bretagne Paris

 

Maison commune 49 rue de Bretagne devanture 126 001 maison commune 49 rue de Bretagne salle du restaurant Pari 

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