Un espace historique sur le mouvement ouvrier

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socialisme, origines du communisme français, biographies


DESCOSSY Joseph, Jules, Gabriel.

Publié par archivescommunistes sur 5 Janvier 2012, 19:29pm

Catégories : #éléments biographiques

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Né en 1872, mort en 1931. Entre 1906 et 1907, Jules Descossy fut secrétaire du syndicat des employés de St Denis puis s’inscrivit au syndicat des journalistes. En 1904, il entra comme rédacteur au journal l’Emancipation, journal de la section socialiste, dont il devint le secrétaire de rédaction de 1906 à 1919. Ce journal au tirage de 1200-1500 exemplaires en 1919, avait été fondé en 1902 par M. Walter, député de l’arrondissement dont Descossy était le secrétaire. Descossy était apprécié des anarchistes pour la virulence de ses propos. Il fut d’ailleurs arrêté à plusieurs reprises pour outrages à agents. Déjà en 1906, il fut cassé de son grade de sergent pour avoir professé des propos injurieux contre l’armée au mess des sous-officiers. Il aurait été jugé à quarante jours de prison sans sursis pour outrage et voies de faits à agent le 14 mai 1907. En 1909, il fut arrêté au cours d’une manifestation. En 1911, il fut arrêté pour port d’armes, coups et blessures, en 1914, pour coups et blessures.

 

Avant guerre, il menait une activité de représentant de commerces en eaux gazeuses et vivait de façon modeste. Selon la police son train de vie évolua vers 1912. En février 1915, il était administrateur de l’hôpital de St Denis et son niveau de vie s’améliora encore. En 1916, il fut désigné directeur de l’école d’apprentissage et de l’école de préapprentissage de la ville. La même année, l’Emancipation fut suspendue pendant deux mois. A la fin de la guerre, la section socialiste de St Denis était complètement acquises aux thèses minoritaires, sensible essentiellement au courant né autour du journal le Populaire, animé par Jean Longuet et Paul Faure. Le 18 septembre 1918, apparaissait d’ailleurs un groupe des Amis du Populaire à St Denis, qui compta 350 membres, dont le secrétaire était Léon Boureau, socialiste, membre du comité de rédaction de l’Emancipation et maire adjoint. L’ancrage pacifiste n’était toutefois pas totalement stabilisé et Boureau avait également soutenu la motion Loriot, kienthalienne, au Conseil national de la SFIO en février 1918. Le maire Philippe aurait été sympathisant, selon la police, du courant kienthalien sans toutefois adhérer au CRRI (Comité pour la Reprise des Relations Internationales). LEmancipation fut arrêté en mars 1919.

 

Jules Descossy eut une activité éditoriale intense puisque dès juillet 1919, il lança Germinal, un nouvel hebdomadaire qui rayonnait sur St Denis, Aubervilliers et St Ouen. Ce journal servit d’organe officieux du comité local de la IIIè Internationale et de nombreuses communications y furent publiées par ce groupe. Des inimitiés avec notamment des jeunes socialistes (Doriot, Henri Barbé, Marschall…) affaiblirent ce groupe qui mena tout de même une activité réelle. L’Emancipation, journal communiste de St Denis du 3 janvier 1931 rapportait : « A Saint Denis, un fait curieux se produisit, l’ignoble Descossy était un des membres du Comité de la IIIè Internationale, et cela uniquement parce que son ennemi en affaire, le fameux Bestel était reconstructeur (…) Mais la phalange révolutionnaire des jeunes entra dans le Comité de la IIIè Internationale et nettoya les ‘écuries d’Augias’». Jacques Doriot ajouta dans le numéro du 17 janvier 1931 « nous avons eu toutes les peines du monde à le sortir ». Cela n’empêcha pas Descossy de présider, avec d’autres, le meeting organisé par le comité local de la IIIè Internationale, tenu le 22 novembre 1920 dans la localité avec Paul Vaillant-Couturier. La lutte contre Bestel, désigné membre de la commission de résolution par le congrès fédéral de la Seine en tant que partisan de la IIIè Internationale, se poursuivit jusqu’en décembre, lutte toujours menée au nom du comité local. Bestel ne faisait pas partie de ce groupe et avait auparavant eu une attitude ambiguë

 

Avant la scission du congrès de Tours, Jules Descossy était secrétaire de la section socialiste puis, après un cours passage au parti communiste, il adhéra peu de temps à l’Union socialiste-communiste. Il fut conseiller municipal de 1914 à 1924. Enfin, il se déclarait socialiste indépendant. Elu en avril 1929 à Thuir, sa ville natale, il y publia une édition locale de Germinal, l’édition de la banlieue nord de paris devint moins régulière et son tirage oscillait alors entre 4000 et 6000 exemplaires.

 

Jules Descossy évolua du socialisme révolutionnaire et de l’anarchisme au communisme pour finir dans un anticommunisme acharné. En 1927, il dénonçait ainsi le leadership de la mairie communiste de St Denis dans Germinal.

 

Marié à Georgette Ricois et père et famille, il était séparé de sa femme et de ses enfants en 1929.

 

Sources : Centre des Archives Contemporaines : cote 94 0440 article 195, dossier 16 371 ; bibliothèque municipale de St Denis : collection de Germinal ; notice du Maitron.

 

François FERRETTE

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