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socialisme, origines du communisme français, biographies


DESCAMPS Oscar, Désiré.

Publié par archivescommunistes sur 2 Janvier 2012, 14:56pm

Catégories : #éléments biographiques

DESCAMPS Oscar, Désiré.

Né le 20 juin 1883 à Armantières, mort le 20 avril 1972. Membre de la fédération révolutionnaire du Nord avant la Première Guerre mondiale, il mena  une active propagande dans les milieux du textile et tenta de créer des syndicats dissidents ainsi qu’un organe syndical concurrent de celui de la Fédération nationale du Textile. Il avait été candidat anarchiste abstentionniste dans une circonscription de Lille en 1912. Il était à cette époque un lecteur assidu de la Guerre sociale, journal de Gustave Hervé particulièrement virulent à l’égard du militarisme. Il était inscrit au Carnet B le 30 décembre 1910.

 

Il fut mobilisé pendant la guerre de 1914 au colombier militaire de Besançon puis versé dans une section d’infirmiers. Pendant le conflit, il continua de se tenir informé des débats parmi les anarchistes pour regretter le reniement de certains et leur ralliement à l’Union sacrée. Pendant sa mobilisation à l’hôpital militaire au château de Moulle, dans le Pas-de-Calais, il recevait les revues la bataille et Ce qu’il faut dire qu’il réexpédiait à des soldats. Membre du CRRI (Comité pour la Reprise des Relations Internationales), il cherchait également distribuer les tracts de ce groupe aux soldats envoyés au front. Il profitait de ses permissions pour se rendre à des réunions anarchistes à Paris. Il fut démobilisé le 11 mars 1919 du 15è Régiment d’Artillerie.

 

Il était secrétaire adjoint de la Fédération du Textile CGT du Nord au lendemain de la guerre. Depuis cette date, il fréquentait toutes les réunions révolutionnaires. Il adhéra sans doute au Parti communiste, de tendance anarchiste, en 1919 puis à la fédération communiste des Soviets (FCS) en 1920, qui devait compter au moins une vingtaine d’adhérents dans le Nord et qui était implantée à Croix-Wasquehal. L’Internationale, lancé par Raymond Péricat annonçait en effet qu’un groupe (un « soviet ») était créé dans cette localité dès juillet 1919. Après une négociation locale entre la FCS et les membres du Comité de la IIIè Internationale, il adhéra à ce dernier groupe en 1920. Il en était d’ailleurs le secrétaire provisoire dès sa fondation en juillet 1920. Il adhéra aussi à la SFIO la même année. En effet, le nom d’Oscar Descamps se trouve en bas de la résolution du Comité et des dissidents centristes (Cachin, Frossard) que seuls les membres de la SFIO pouvaient signer. C’est la raison pour laquelle Pierre Monatte, n’en fut pas signataire. Descamps participa à la création des CSR (Comité Syndicaliste Révolutionnaire) dans le Nord à l’automne 1920.

 

Après Tours, il ne prit pas de responsabilités à la direction fédérale communiste. Il fut encore classé communiste en 1922 par la police et non plus anarchiste. Jusqu’en 1929, il résidait à Lille. Le 16 février 1929, il était inscrit au Carnet B dans le Rhône et habitait Villeurbanne. Mais il n’y resta pas longtemps puisqu’il habitait dès avril 1929 à Bois-Colombes. Il y travaillait en tant que magasinier comptable à la maison Depaepe du 31 juillet 1929 au 13 mai 1933. Puis, il fut au chômage jusqu’en 1940 sauf entre février et juillet 1936, période pendant laquelle il fut cantonnier pour la ville de Colombes qu’il habitait depuis 1934. Descamps avait été le président de l’association dite « groupement d’achat du comité de défense des chômeurs de Colombes », fondée le 30 mars 1939. Le 27 janvier 1940, il fut embauché à Courbevoie en tant que magasinier.

 

En février 1929, la police le signalait encore comme « militant communiste ». Mais était-il réellement au parti communiste ? On peut en douter car, dès 1922, il était l’un des organisateurs du Comité de Défense Syndicaliste (CDS) de Lille fondé pour « barrer la route aux communistes ». Le 27 janvier 1924, il avait participé au Congrès régional anarchiste du Nord tenu à Lens. Il était à ce moment membre de la rédaction du journal Le Combat et responsable du service librairie de ce journal. En 1937 et 1938, il s’intéressa à la Guerre d’Espagne et fit paraître plusieurs articles sous sa signature dans Le Libertaire, organe de l’Union anarchiste. En décembre 1939, la police l’accusait de diffusion d’un tract aux portes de l’usine Blériot à Suresnes. Celui-ci, intitulé « Aux travailleurs de l’usine Blériot. Qui trahit ? », il s’en prenait (si tant est qu’il en ait été l’auteur) à la CGT et à son principal dirigeant, Jouhaux, et prenait partie pour les communistes (sans que ce qualificatif soit cité) en évoquant Racamond, Timbaud, Raynaud, notamment, qui animaient le mouvement syndical. Le tract flétrissait l’attitude de Jouhaux qui condamnait « la soi disant trahison d’un parti politique ». Il parait douteux qu’il ait été l’initiateur de ce tract. Avant la Seconde Guerre mondiale, il vendait Le Libertaire et la Calotte. La police pensait qu’il était membre de la section ouest du Parti communiste, ce qui semble assez peu plausible. Il paraissait ne plus faire de politique après son embauche à Courbevoie le 27 janvier 1940.

 

Il a été marié, sans doute avant guerre, à Clara Bastié dont il s’était séparé et avec laquelle il n’eut pas eu d’enfant. Il aurait eu trois enfants avant 1919, mais cela reste à confirmer, la police n’en indiquant qu’un seul en décembre 1920. Il vécut avec Blanche Deneuter (ou Deneuder) à la fin des années 1930. Elle possédait un colombier de pigeons voyageurs qui fut réquisitionné en septembre 1939.

 

Sources : Centre des Archives Contemporaines, cote 940440, article 189, dossier 15 777 ; notice du Maitron ; notice du dictionnaire des anarchistes (http://militants-anarchistes.info/spip.php?article1219)

 

François FERRETTE

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