Un espace historique sur le mouvement ouvrier

Un espace historique sur le mouvement ouvrier

socialisme, origines du communisme français, biographies


BONNEFOY Michel, Hilarion, Joseph.

Publié par archivescommunistes sur 21 Décembre 2011, 17:41pm

Catégories : #éléments biographiques

BONNEFOY Michel, Hilarion, Joseph.

Né le 28 septembre 1888 à St Michel dans les Basses Alpes, il fut, comme son père, instituteur en 1905 et  titularisé en 191.

 

Mobilisé pendant la Grande Guerre, il appartint au Conseil d’administration de l’Union Départementale de la CGT et à la SFIO à la démobilisation. Le 1er octobre 1918, il prenait son poste à Marseille. Divorcé en 1918, il avait un enfant.

 

Son activité militante était sans relâche et se fit rapidement remarquer par la police. En juillet 1919, il intervenait dans un meeting à La Ciotat, y proclamait la faillite du capitalisme et faisait l’apologie de la société communiste. Il appelait les assistants à s’organiser dans les syndicats et à rejoindre le groupe communiste qui venait de se former à La Ciotat. Il s’agissait d’un groupe rattaché au Parti communiste fondé par Péricat, de tendance anarchiste, dont Bonnefoy était membre. Le 10 septembre 1919, il prenait position pour l’avènement de la IIIè Internationale lors d’une réunion publique. En 1920, l’Inspecteur d’académie indiquait au Préfet qu’il était bien noté et que sur le plan professionnel il n’y avait pas de remarques à faire. Mai il ajoutait aussitôt que « M. Bonnefoy est un violent et se prend pour un grand redresseur de torts ». Bonnefoy, reprenant la thèse syndicaliste révolutionnaire, affirmait en novembre 1919 que « le bolchevisme est en Russie ce que le socialisme est en France... Il y a en Russie des soviets comme nous avons en France des syndicats ». Sa pensée n’était pas totalement arrêtée quant à la définition des soviets puisqu’il exprimait un autre point de vue, plus proche des centristes : “Chaque localité en Russie nomme son soviet qui n’est que le groupe de délégués des ouvriers de la cité ... Le soviet communal administre toute la population ouvrière de la cité. Maximum d’indépendance de la commune; voilà le système qu’on a essayé de ridiculiser”. Fin 1919, il devait appuyer le projet d’un  parti Travailliste, à l’image de ce qui existait en Angleterre. En avril 1920, la police le considérait comme un des agitateurs les plus dangereux des Bouches du Rhône qu’il conviendrait d’arrêter en cas de conflits sociaux graves. Le 30 mai 1920, le congrès fédéral de l’ARAC le désignait comme délégué à la propagande. Il adhéra au Comité de la IIIè Internationale, durant l’été 1920, comme un certain nombre de révolutionnaires marseillais. En septembre 1920, il se prononçait contre la scission dans la CGT. Il participe à la fondation du Comité régional des CSR (Comités Syndicalistes révolutionnaires) à la réunion constitutive du 20 octobre 1920.

 

 

Son nom disparait des rapports de police dès 1921 et il ne semble pas avoir eu de responsabilités particulières dans le jeune Parti communiste fondé à Tours, si tant est qu’il y ait adhéré. Sans doute, les investigations du mois de juillet 1920 par les organisations ouvrières eurent elles une influence sur son parcours ultérieur. Il avait été en effet accusé d’avoir mal géré des fonds pour la propagande et ceux de la quête destinée aux enfants austro-hongrois et russes.

 

Sources : centre des archives contemporaines, cote19940434, article 481, dossier 39811 ; L’origine du parti communiste à Marseille (1914-1924), Frédéric Grossetti, 1997, mémoire de Maitrise, université Aix-en-Provence ; Les libertaires français face à la révolution bolchevik en 1991. Autour de Raymond Péricat et du Parti communiste, Pierre Berthet, 1991, mémoire de Maitrise, université Paris IV. Archives nationales, cote F7 12975, Archives départementales, cote 1M 810 ;  notice du Maitron ; Procès-verbaux des CSR des Bouches du Rhône, collection privée d’Alice Mayoux.

 

François FERRETTE

 

Commenter cet article

Archives

Articles récents