Un espace historique sur le mouvement ouvrier

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socialisme, origines du communisme français, biographies


ALMIRA José.

Publié par archivescommunistes sur 10 Juillet 2011, 08:05am

Catégories : #éléments biographiques

 

ClEKgQBmkKGrHqEOKpYEyjCy34BNDldBW6 12Né le 26 février 1895 à Sidi-Bel-Abbès. Ses parents, originaires d’Espagne, s’étaient établis en Algérie.

 

Au cours de la Première Guerre mondiale il est grièvement blessé et reçoit une pension d’invalidité de 40% et obtient la Croix de guerre. Il rejoint la franc-maçonnerie dès sa majorité. Après la démobilisation, il s’installe à Marseille et après avoir été artiste peintre, se consacre à la politique et aux anciens combattants. Il est salarié administrateur d’une coopérative qu’il a fondé avec son ami Stretti. Les mauvais affaires commerciales lui imposent de ne plus y être salarié.

 

Il intervient au cours d’un meeting des Jeunesses socialistes et des jeunesses syndicalistes contre l’incorporation de la classe 20, le 28 décembre 1919. Il se qualifie dès son intervention comme « socialiste et révolutionnaire », mais il provoque un tollé dans la salle. Le matin même, il avait été accusé de faire le jeu de la candidature de Schrameck qui devait devenir sénateur le 11 janvier 1920. Il y eut même une échauffourée à la tribune. Il expliquait qu’il était originaire « de la classe capitaliste et conservatrice ». Toujours est-il que la police le classe en avril 1920 parmi les éléments révolutionnaires de la SFIO et de ceux à arrêter en cas de conflits sociaux graves. Il intervint à plusieurs reprises dans le Populaire de Marseille (hebdomadaire socialiste) et faisait partie de la 8ème section de Marseille de la SFIO. Il y mena une campagne contre Flavien Veyren, secrétaire fédéral, dont les hésitations irritaient au plus haut point les militants d’avant-garde. Almira avait d’ailleurs très peu d’enthousiasme pour ce parti et ses élus.

 

C’est pour cette raison qu’il organisa la campagne pour l’adhésion à la 3ème Internationale en en dehors de la SFIO. Il anima un Comité Régional de la 3ème Internationale fondé durant l’été et regroupant des comités locaux. En août 1920, il demande l’aide du Comité de la IIIè Internationale pour organiser une série de conférences. La direction nationale du Comité lui donne mandat le 1er septembre 1920 de les réaliser dans le Var, le Vaucluse, l’Hérault, les Alpes maritimes et d’y constituer des comités locaux de la IIIè Internationale.

 

Les dissensions internes au comité régional et la préparation du congrès de Tours accélèreront la marginalisation de José Almira au sein du courant communiste. Il est destitué de son poste de secrétaire du comité le 25 octobre 1920 et exclu le 21 décembre. Selon la police, les membres dirigeants du comité ne pensaient pas qu’il ait été communiste. Déjà en juillet 1920, Gabriel Péri s’en était pris à sa position sur la « patrie » dans les colonnes  du Populaire de Marseille.

 

Le secrétaire fédéral Flavien Veyren refusa d’adhérer au comité régional animé par Almira. Veyren choisit le 27 octobre 1920 de créer un comité de la 3ème Internationale interne à la SFIO avec 120 socialistes à la réunion constitutive. Ce sera désormais dans ce Parti que les membres du comité interviendront.

 

En 1920, il était secrétaire général de l’ARAC et à la tête d’une coopérative centrale de consommation qui eut quelques difficultés financières. Il arrivait à Paris en 1924 et y créait plusieurs sociétés qui toutes disparaissent assez rapidement. En juin 1925, il fonda une société, les « éditions RADOT », appellation forgée sur la fin des noms deux associés, José Almira et Mme Mallardot. Il a été tour à tour inspecteur général d’assurances, courtier en banques, administrateur de sociétés, homme de lettres et publiciste. Il est détenteur d’une licence de Droit et es-lettres. Il a publié plusieurs ouvrages littéraires dont un idéal dans un tombeau qui a reçu un prix international de littérature. En 1938, il était gérant de société et directeur d’un hebdomadaire le combat périgourdin.

 

Divorcé en 1917, il s’était remarié en avril 1927. A la veille de la Seconde guerre mondiale, il était membre de la société des Gens de Lettres, de l’association des journalistes et de l’Association des Ecrivains Anciens Combattants. Il appartenait aussi au Comité de rassemblement antisoviétique, officine anticommuniste

 

Œuvres : Rires de marbre, Eugène Figuière éditeur, 1924 ; Le déclic de Sarajevo‎, ‎Editions Radot, 1927 (avec G. Stoyan) ; Un Idéal dans un Tombeau‎, ‎Paris, Editions d'Art Radot, 1926 ; Les Trois Collines 1919-1927, Reliure inconnue 1928. A collaboré à : Le Semeur, organe de libre discussion1923-1936. Liste non exhaustive.

Sources : AN F/7 12975 ; AD BDR M1 le Populaire de Marseille, L’Avant garde, 25 septembre 1920, L’origine du parti communiste à Marseille (1914-1924), Frédéric Grossetti, 1997, université Aix-en-Provence ; Simon Sabiani, un « chef » à Marseille, 1919-1944, éditions Olivier Orban, 1991 ; CAC, 940432, article 121 dossier 11637.

 

François FERRETTE

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