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Une histoire de Terre Libre, entre syndicalisme révolutionnaire et minorités socialistes

Publié par ehmo sur 7 Mars 2015, 09:22am

Une histoire de Terre Libre, entre syndicalisme révolutionnaire et minorités socialistes

Terre Libre est un bi-mensuel qui exista de 1909 à 1914, largement connu pour son caractère antisémite. Mais d'autres aspects méconnus méritent d'être portés à la connaissance historique.

Au milieu de cette initiative journalistique, la figure d’Emile Janvion s’impose et écrase tous les autres collaborateurs au journal. Janvion a été en 1904-1909 une personnalité emblématique de la CGT, membre de la Fédération des travailleurs municipaux, révoqué et symbole de la lutte des fonctionnaires pour leurs droits syndicaux. Le 11 décembre 1908, il fut élu au comité de rédaction de La Voix du peuple, organe de la CGT, par 64 voix sur 91, devant Merrheim (60) et Monatte (60). C’est dire la notoriété dont il bénéficiait. Il écrivait par ailleurs dans la Guerre sociale. Il accepta de collaborer à l’Action française qui cherchait des alliés dans la CGT pour déstabiliser la République. La CGT traversait une crise d’orientation et suscitait une réflexion de nombre de militants. De cette crise devait sortir la Vie ouvrière en octobre 1909, journal critique du syndicalisme-révolutionnaire, autour de Monatte ; l’Action ouvrière, aussi en octobre 1909, autour de Niel, aux choix réformistes. C’est dans ces conditions de remous idéologiques importants de la couche dirigeante cégétiste que germe le projet de mettre sur pied un nouveau journal.

Le premier numéro paraît le 15 novembre 1909. D’emblée, le journal subit un boycott de la part des principaux organes du mouvement ouvrier qui refusent d’accorder le moindre crédit à cette initiative. Seuls quelques journaux, aux horizons très divers, annoncent malgré cela sa venue : l’éventail politique va de l’extrême droite (L’Action française) à l’extrême gauche (La Guerre sociale) en passant par un courant syndicaliste réformiste (l’Action ouvrière) et radical-socialiste (L’Oeuvre).

Rapidement, la tonalité des articles donne un profil particulier à Terre Libre teinté d’antisémitisme à base syndicale mais farouchement opposé à la direction d’une CGT fonctionnarisée (composée de permanents coupés des masses). Les animateurs se donnent quatre objectifs à réaliser : la lutte contre le parlementarisme syndical, la lutte contre l’intrusion des partis et des sectes dans les syndicats, l’action conjointe des syndicats et des coopératives, la nationalisation du sol. La lutte contre les sectes va vite se concentrer à la lutte contre la franc-maçonnerie considérée comme la façade des juifs qui tentent de mettre la main sur la France. L’insistance sur la nationalisation du sol renvoie à la pensée de Colins dont le socialisme avait vocation à la récupération du sol national par tous les français et la lutte contre l’appropriation individuelle. Il est donc assez logique qu’un des héritiers de Colins, Elie Soubeyran, ait côtoyé Terre Libre.

Dès le début, des secteurs du mouvement syndical soutiennent la direction du journal et y collaborent. Citons l’anarchiste Broutchoux mais aussi Boudoux. L’âme de Terre Libre est à deux têtes si l’on en croit la police. Emile Janvion, directeur de publication, ancien dreyfusard devenu antisémite, Georges Darien, écrivain anarchiste qui publiera régulièrement dans Terre Libre jusqu’en 1911. Les plus fortes contributions viennent du syndicat des PTT, des Employés, des Travailleurs municipaux mais aussi du syndicat des instituteurs et d’enseignants du second degré.

Le journal provoque une secousse dans les milieux syndicalistes et socialistes au cours de l’année 1911. Le journal avait en effet prévu d’organiser le 3 avril une conférence publique sur le sujet : « la Franc-maçonnerie et la classe ouvrière » en présence de 1800 personnes. La présence d’un dirigeant CGT de premier plan, Emile Pataud, qui préside la séance, fournit une forte légitimité à l’exposé d’Emile Janvion qui attaque de biais l’action des Juifs dans les organisations ouvrières. Les journaux socialistes et syndicalistes réagissent vertement et réfutent l’antisémitisme de Janvion.

Malgré cette vague de contestation tous azimut, le journal parvient à se maintenir même si la première équipe de collaborateurs s’évapore. Les collaborateurs ne sont pas stabilisés, les auteurs d’articles varient selon les semaines, certaines collaborations sont irrégulières voire uniques. C’est d’ailleurs la particularité de cet organe de n’avoir jamais stabilisé aucun comité de rédaction de façon permanente. Les durées de collaborations se comptent en semaines ou en mois, rarement plus. Le groupe de rédacteurs est en fait très réduit et on compte dans une première période essentiellement : Emile Janvion, Georges Darien, Marius Riquier, Armand Peckstadt, Francis Boudoux, Rémy Roure. De nouveaux noms apparaissent dont certains n’ont pas avoir eu d’activité militante visible et connue auparavant. Dans un premier temps, l’équipe se renforce entre janvier et août 1910, d’E. Philippe, E. Laurent (professeur libre), F. Daubrée, François Pringault (socialiste), F. Pariset. Puis s’ajoutent à partir de février 1911 : Floirac (de l’Union des Métaux), Pierre Duplan, Lémonon (secrétaire du premier syndicat des agents PTT, révoqué), Rossel Montélimard (secrétaire général de la fédération des ouvriers teinturiers), Pierre Renaudeur[1], G. Sarda (PTT), E. Jouan. En 1912, Elie Soubeyran (socialiste). Ces arrivées sont égrenées dans le temps.

Les courants d’opposition, dans la CGT et la SFIO, pouvaient partiellement s’interconnecter. Les passerelles existaient par l’entremise de quelques personnalités. L’Action ouvrière, organe du Comité d’union syndicaliste animés par des réformistes de la CGT, ouvre ses colonnes le 15 mars 1910 à Georges Darien, initiateur avec Emile Janvion de Terre Libre. Il y défend un socialisme colinsien, qui veut résoudre les problèmes de la société par l’appropriation collective de la propriété foncière. Selon lui, les rapports sociaux capitalistes s’appuient sur cette propriété foncière individuelle honnie et constitue le problème n°1 des révolutionnaires avant la lutte contre les patrons. Louis Niel, ancien secrétaire général de la CGT et figure emblématique du réformisme syndical, lui répond la semaine suivante et souhaite poursuivre la discussion en espérant, peut-être, pouvoir s’entendre avec lui. Rossel Montélimard est, lui, un des principaux responsables de l’Action ouvrière, dont il a été un des animateurs, regroupant l’aile droite de la CGT à partir de 1909. Il entame un rapprochement avec Terre Libre avec une première correspondance publiée le 1er janvier 1911. Entre temps, l’Action ouvrière a cessé de paraitre depuis octobre 1910. Montélimard devient un collaborateur de Terre Libre entre février et juillet 1911 et soutiendra Janvion après le meeting antisémite du 3 avril. Depuis quand datait les contacts entre les deux journaux ? Bien que nombre de journaux aient boycotté l’annonce de sa publication de son premier numéro, Terre Libre reçoit une publicité par très peu de journaux, dont L’Action ouvrière en novembre 1909. Manifestement, les liens reposent sur l’opposition à la direction de la CGT plutôt que dans le partage d’un projet commun. Ils partageaient l’envie de forger un nouveau courant et se prêtaient volontiers aux joutes idéologiques pour convaincre ceux qui acceptaient d’être leurs interlocuteurs. L’antisémitisme de Terre Libre n’était pas la tasse de thé de l’Action ouvrière qui militait pour le projet de loi sur les retraites que Terre Libre combattait. Il n’y aura pas de transfuges au-delà de Montélimard dans les rangs réformistes. Autre chose était l’attitude vis-à-vis des guesdistes.

Terre Libre s’intéresse aux guesdiste dès avril 1910 et loue la droiture de leur chef, son refus de tomber dans le piège de l’anticléricalisme, son neutralisme lors du dreyfusisme et l’esprit de lutte qu’il insuffla jadis. Mais Terre Libre critique la thèse de la conquête des pouvoirs publics qui apparaît comme une erreur politique majeure. Le Socialisme, que Guesde a lancé en 1907 dans la SFIO, est suivie de près. Terre Libre applaudit ou condamne les positions qu’ils décryptent et contestent notamment le ralliement de certains autour de Jaurès en vue de gérer le Parti (Bracke, Compère-Morel). En octobre 1911, un article va jusqu’à espérer l’abandon de la conquête des pouvoirs publics par les guesdistes pour se rallier à eux : « Si les guesdistes rompaient le pacte d’unité avec les charlatans et les saltimbanques de la Sociale-Lucullus, vos amis iraient-ils les rejoindre ? » pose l’auteur de l’article pour répondre de la façon suivante : « Très probablement oui. A ce point là ? A ce point, je vous le dis. »[2]. Si l’ambition était de former une nouvelle organisation à implantation guesdiste, qui ne vit jamais le jour, cette politique de rapprochement porta-t-elle au moins partiellement ses fruits ?

Les milieux syndicalistes-révolutionnaires se virent relativisés dans les effectifs des collaborateurs par l’entrée de socialistes es qualité comme François Pringault (premier article en août 1910). Pringault ne cessera de prendre de l’importance dans le journal. Certains membres de Terre Libre envisagent d’intervenir au 9è congrès national de la SFIO qui se tient du 18 au 21 février 1912 à Lyon avec l’objectif est d’y dénoncer la franc-maçonnerie. Un socialiste qui signe de façon anonyme parle de « notre minorité, si minorité, il y a » indiquant la faiblesse de leurs forces tout en ajoutant que s’ils sont battus des socialistes sont décidés à constituer un groupe de défense antimaçonnique s’appuyant sur la classe ouvrière et les associations de fonctionnaires. La 7è section socialiste de la Seine avait fait porter à l’ordre du jour la question de la franc-maçonnerie. C’était dans cette section que Pringault était adhérent. Cette question occupera une partie du congrès national. Un vote y opposa différentes motions. La majorité de la Seine en présenta une qui retint la majorité des mandats : 1505 voix pour se déclarer indifférent à l’activité annexe des adhérents et que toute faute devait être jugée au regard des statuts du Parti. La minorité de la Seine exigeait, elle, la démission sous six mois de la franc-maçonnerie des membres de la SFIO. Elle reçut 103 voix. Une autre motion, présentée par le Nord et le Gard (influencés par le guesdisme, rappelons-le), demandait seulement à ne pas éparpiller les efforts des adhérents par une activité dans d’autres organisations. Elle reçut 927 voix. Une dernière motion demandait, quant à elle, que les socialistes adhèrent aussi dans leurs syndicats, leur coopérative et à la franc-maçonnerie. Elle obtint 5 voix. Il y eut enfin 32 abstentions. On peut considérer la motion du Nord et du Gard comme une manœuvre car les guesdistes étaient opposés à la franc-maçonnerie et auraient du alimenter un vote en faveur la minorité de la Seine.

Après cet épisode, une réunion est convoquée par les Amis de Terre Libre le 25 mars 1912 pour échafauder les plans d’une fédération intersyndicale de vigilance antimaçonnique. Terre Libre arrête sa parution le 15 mars 1912 avec son numéro 56. Il faut donc chercher des informations ailleurs pour connaître le développement éventuel de cette organisation anti-franc-maçonne en milieu syndical. Le Socialisme, organe guesdiste, du 21 septembre 1912 nous apprend qu’une ligue antimaçonnique est constituée. Les adhésions sont reçues par Ducomet, Lemonon et Grados. Les deux derniers ont collaboré à Terre Libre. Ducomet est très mal connu, peut-être est-ce le trésorier de la 2è section socialiste de la Seine qui avait invité le député Myrens lors du débat sur la franc-maçonnerie. Peut-être est-ce aussi le même Ducomet qui était délégué du Conseil de l’union générale des indirectes en 1912. Elle va prendre pour nom définitif de Ligue Antimaçonnique intercorporative des Employés de l'Etat, des Départements et des Communes. La revue antimaçonnique, d’obédience antisémite et catholique, soutient en novembre 1912 sa constitution. En janvier 1913, la Ligue va diffuser un appel pour regrouper les forces et les adhésions sont reçues par le secrétaire Lémonon. Il est largement soutenu par la presse catholique, La Croix, Revue pratique d'apologétique, la Semaine religieuse du diocèse de Lyon, et est annoncée dans la presse nationale avec Le Rappel, le XIXè siècle. Mais l’activité de cette ligue semble ne pas avoir eu de suite.

Terre Libre reparait le 1er décembre 1913 dans une configuration nouvelle. L’éditorial est assuré par Paul Grados, guesdiste bien connu qui fait partie de l’équipe rapprochée de Jules Guesde. Grados a déjà été approché et le 6 décembre 1911 avait participé à une causerie à la réunion mensuelle du groupe des Amis de Terre Libre. Il devait participer à une conférence publique, cette fois-ci, le 19 décembre 1911 sous les hospices de Terre Libre dans une controverse avec Eugène Leroy, (du Bâtiment) sur « l’action politique et l’action syndicale ». Grados incarne la décomposition du guesdisme à cette période. Longtemps lieutenant de Jules Guesde, journaliste au journal guesdiste Le Socialisme, il combat la dérive blocarde de la SFIO et l’inaction vis-à-vis de l’influence de la franc-maçonnerie dans les organisations ouvrières. Un autre guesdiste proche de Guesde, Maussa, avait apporté son obole à la souscription en mai 1911[3]. Terre Libre prend donc une coloration plus politique que syndicale, les articles de tête sont rédigés par Pringault, Grados. Pringault devient enfin administrateur du journal en avril 1914.

La liaison avec certains guesdistes se confirme lors de l’apparition d’une tendance au sein de la SFIO en mai 1913. Achille Cambier en est l’inspirateur avec Jean Allemane et René Chauvin, ancien député guesdiste. Ce nouveau groupe prend sa source dans la polémique à propos de la gestion d’une colonie de vacances, le Grand Air, dans laquelle les époux Cambier étaient impliqués. Le couple refusait une opération financière sur le dos de la colonie de vacances au bénéfice de quelques socialistes transformés en hommes d’affaires pour l’occasion. Telle était la version des Cambier. Terre Libre s’était déjà fait l’écho de ces débats depuis septembre 1911 et avait reproduit un courrier en décembre de la même année signé d’ « Un ami du Grand Air » allant dans le sens des Cambier. Des liens ont donc pu se nouer à ce moment entre « cambieristes » et terre-libristes.

La reparution de Terre Libre, le 1er décembre 1913, est annoncée par La lutte de Classe du 29 novembre, organe de cette tendance socialiste. Nous y retrouvons François Pringault. Il fait partie du comité de rédaction ainsi que Paul Grados qui, lui, continuera d’écrire dans la revue de tendance guesdiste qui reparaitra sous le titre Socialisme et lutte de classe le 1er janvier 1914. Quels sont les points de contacts politiques entre ces deux milieux ? Une fois de plus, l’opposition à la direction de la SFIO est la raison fondamentale plutôt qu’une communauté d’esprit. D’ailleurs, les animateurs de la nouvelle tendance de la SFIO reprochent à la direction d’avoir trahi l’accord initial de 1905 qui avait présidé à la naissance de la SFIO. On pourra toutefois noter une légère tonalité antisémite lorsqu’il s’agit d’évoquer le journal l’Humanité de façon à peine voilée : « nos lecteurs peuvent être tranquilles, nous ne ferons jamais appel aux banquiers juifs, accapareurs de blé, qui ont subventionné si largement à ses débuts le journal qui nous a diffamé ». Mais il ne faut pas voir dans cette tendance Lutte de Classe une nouveauté politique, elle résonne plus comme un reproche dans la politique blocarde dans laquelle la SFIO s’est engagée.

Terre Libre cessa de paraitre le 1er mai 1914. On ne connaît pas les raisons de cette subite disparition mais il est raisonnable de penser que l’audience désormais réduite ait conduit à l’impuissance cette expérience éditoriale. En février 1914, il annonçait 357 abonnés, soit le tiers des abonnés de l’ancienne série.

Terre Libre voulait répondre à la crise du mouvement syndical mais se vit entrainé par son initiateur Emile Janvion dans une lutte supposée limitée à l’anti-franc-maçonnerie et à l’antisémitisme. Mais il serait faux de croire que Terre Libre n’était que cela. La défense du socialisme colinsien, aujourd’hui oublié, du nom de jean-Guillaume Colins qui promouvait la conquête du sol comme moyen essentiel pour lutter contre l’aliénation des individus. Nous avons vu que Georges Darien en défendit la thèse mais elle était partagée par nombre de terre-libristes et était une des pierres angulaires idéologiques du journal. Le socialisme colinsien fut un courant important du socialisme français et belge au XIXè siècle, concurrent du marxisme, dont les idées furent défendues ensuite en France dans la Revue du socialisme rationnel, animé par Frédéric Borde puis Elie Soubeyran, lequel rejoindra les collaborateurs de Terre Libre.

Mais Terre Libre était aussi une passerelle entre différents segments du mouvement ouvrier qui tentèrent des expériences minoritaires dans la CGT ou la SFIO. Malgré des tentatives de rapprochements, seules quelques rares personnes firent le pas vers Terre Libre. Elles mirent en évidence la décomposition du guesdisme et le peu d’homogénéité des courants dits oppositionnels. Terre Libre, trop hétéroclite pour pouvoir défendre une alternative, fit peu d’adeptes, faute d’une base de masse que les guesdistes, des syndicalistes ou des anarchistes ne lui apportèrent pas. Expérience sans lendemain.

François Ferrette

[1] On peut s’interroger sur ce nom qui est sans doute un pseudonyme. Renaudeur est en effet un nom masculin équivalent d’un « grognon », renauder voulant dire grogner, selon le Larousse universel de 1922. Cela correspond bien à ce qu’était Terre Libre, un regroupement de mécontents.

[2] Terre Libre, n° 46-47, 15 octobre 1911, « Les Guesdiste », par JL, sans doute J. Laurent.

[3] Un autre secteur politique se lie à ce moment à Terre Libre : des anarchistes de la fédération communiste anarchiste révolutionnaire dont le groupe de Pantin-Aubervilliers publie une critique contre Sébastien Faure dès le premier numéro de la nouvelle série. En tout, trois articles sont produits par ce groupe entre décembre 1913 et avril 1914. Henri Maintzert, l’animateur du groupe de Pantin-Aubervilliers, avait participé en 1912 au Comité Bintz, créé pour venir en aide au jeune syndicaliste expédié à Biribi. De là, s’étaient noués des liens qui rapprochèrent Maintzert et Janvion.

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